Aujourd’hui, j’ai décidé de vous présenter un artiste rouennais qui n’est autre que MOONTAIN.

A travers plusieurs questions, il se livre, l’occasion pour nous de découvrir son univers, ses influences et sa manière de travailler.

Dreamantra by Moontain

Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs qui ne vous connaissent peut-être pas du tout ?
Tout d’ abord, merci de me donner l’occasion de partager ce que je fais. Le nom Moontain, est une sorte de nom-totem indien. Métaphore d’une inspiration aussi bien que de mon aspiration. Cela fait écho à cette idée de progression personnelle. On peut souvent avoir l’impression d’avoir à franchir des étapes dans sa vie, d’où la montagne (mountain). Cependant, une notion très importante reste l’humilité, aussi, il y a cette idée de Lune (moon) qui, alors que nous pensions avoir atteint un sommet (aboutissement); nous rappelle aussitôt l’existence d’un plus haut et plus grand encore. En somme, cette source de savoir (fountain) sur soi et tout le reste, nous l’incarnons autant qu’elle nous dépasse, et cette quête de savoir se révèle donc sans réelle fin.
J’ai commencé par jouer et enregistrer des chansons, et puis un jour la peinture s’est invitée dans ce processus, par ailleurs je prends beaucoup de plaisir à écrire des aphorismes en écho à ces peintures. Dernièrement, j’entame la démarche de toucher un peu à d’autres médiums, plus manuels.
Mon idée de la Vie, est qu’elle se réinvente continuellement au travers de ce / ceux qui l’incarnent, et notre rôle serait donc d’agir en sorte d’avoir le sentiment d’atteindre (puis de dépasser) l’idée qu’on se fait de nous même, pour enrichir ce tout commun, de la même manière que les accomplissements des autres nous permettent à notre tour de réaliser nos propres accomplissements.

Depuis quand peignez-vous ?
Je peins depuis un certain temps, mais donner un nombre d’années serait compliqué, puisque j’ai connu différentes périodes sans tenir un pinceau, me consacrant exclusivement à la musique. Disons simplement, assez longtemps pour m’être trouvé, en tant qu’autodidacte, et trop peu de temps, pour ne pas continuer d’évoluer. La peinture s’est trouvée par hasard sur mon chemin, et j’ai pu y découvrir un nouveau moyen d’exprimer des choses différentes qu’en musique. Avec la même approche, à savoir, saisir les outils, se lancer, et considérer les erreurs comme autant de pas, vers quelque chose de personnel.

D’où vous est venu votre style ? Comment le décrieriez-vous ?
J’ éprouve des difficultés pour répondre à ce genre de question. En effet, cela demanderait de prendre du recul sur ce qu’on fait, avec le risque de s’en éloigner. A ce jour, il ne m’est pas venu à l’idée de définir ce que je fais, avec un nom de style particulier, même si cela  pourrait être amusant d’en inventer un. Ce que j’aime, en toutes choses, c’est leur authenticité, de l’intention, à la réalisation, de suivre un flux naturel et jamais forcé. Je ne crois pas à la compétition entre les éléments, mais en leur interaction nécessairement complémentaire et constructive. Tout comme lignes et couleurs composant une peinture. Si pour certains, il s’agit d’art brut, singulier, ou tout autre qualificatif que j’ ignore, peu importe au final.

On peut trouver une certaine filiation avec Jean-Michel Basquiat ou encore Robert Combas, qu’en pensez-vous ? Vous inspirent-ils ? Qui d’autres vous inspire ?
Il est évident que nous sommes tous le fruit de qui a été, et fait avant nous. C’est bien souvent de manière inconsciente d’ailleurs, que nous infusons toutes ces influences au cours de l’existence. Basquiat a forcément été une sorte de déclencheur pour mon cas personnel, puisque le parfait exemple d’une expression décomplexée (mais toujours complexe, dans le sens construit et habité de significations bien pensées). Qui plus est, la plupart du temps, ce sont les gens qui ont vu mes peintures, qui me disent que ça les fait penser à tel ou tel autre artiste, comme récemment, le cas de R.Combas, dont j’ignorais tout, et qu’ une personne porta à mon attention. De toute façon, il n’y a pas de césure dans l’ évolution et les liens qui nous font être « nous », il est non seulement logique, mais bien heureux, de le reconnaître. Un rappel que nous sommes tous et toutes au sein de la même matrice, abreuvés à la même source universelle de savoir et devenir, en cela, tout est potentiellement inspirant.

Atelier II by Moontain

Quand vous commencez un tableau, avez-vous idée de ce que va devenir la toile ?
La réalisation d’un tableau, c’est surtout se mettre au service et à l’écoute de ce qui ne se voit pas encore mais qui est déjà, quelque part. Savoir que l’on va rencontrer l’inconnu, c’est ce qui m’ intéresse. Il ne s’agit pas d’orienter consciemment les choses ou de les préparer (dans le sens dessin préparatoire). Cependant, ce n’est pas non plus du hasard. Je pense pouvoir dire que cela a attrait à l’intuition plutôt que l’instinct. Un mouvement guide l’autre, au service l’un de l’autre. C’est donc une sorte d’appel auquel il faut répondre, ce qui, selon les travaux, peut facilement s’étaler sur des mois et bien souvent des années pour certaines peintures.  Une sorte de mutuelle croissance en parallèle, entre la cause et l’effet.

Qu’aimeriez-vous que les gens ressentent en regardant vos œuvres ?
Je n’ai pas l’intention de guider le ressenti des gens. A savoir que de toute façon, à partir d’un même élément ou visuel, chacun l’ interprétera différemment, selon son vécu, imprégnation et éducation. Ce qui me semble plus intéressant alors, serait ( dans l’idéal ) que cet instant passé à observer une de mes toiles, provoquent ne serait ce qu’une petite étincelle, ou désir, faisant en sorte que la personne décide de soi même s’exprimer, de s’écouter, ce qui est déjà formidable. Regarder un tableau n’est pas passif, c’est un chemin pour se retrouver soi, au-delà de l’illusion du temps qui passe, d’ailleurs bien souvent, le temps s’arrête dans ces moments là.

Vous faites aussi de la musique et écrivez-en plus de la peinture, lequel vous prend plus de temps et de plaisir ?
Il me paraît difficile de dissocier une activité d’une autre. Tout comme on ne pourrait séparer l’inspiration de l’expiration … tout est donc nécessaire pour respirer (être). Et chacune de ces choses a ses spécificités, ses rares moments de félicités (si précieux), ainsi que ces migraines passées à leur réalisation ! Consacrant tout mon temps à pratiquer l’une ou l’autre de ces choses, elles finissent par s’ entremêler. C’est surtout vrai pour l’ écriture des aphorismes, bien souvent au service (et vice-versa) d’une peinture, à son éclairage (ouvert) en complément de son titre. De même, les moments où la peinture doit sécher, peut se trouver être une opportunité de réfléchir à une musique, et forcément alors, les deux se seront influencées. L’idée de plaisir est quant à elle, très relative. Il n’y a pas de « satisfaction » à faire telle ou telle chose, être satisfait, marquerait une finalité, hors, celle ci ne peut exister, lorsque l’on essaye d’explorer au travers de la création. Le plaisir, je le prends dans l’observation des détails, du processus qui s’opère et permet à quelque chose de se concrétiser.

Est-il facile pour un artiste autodidacte de s’insérer dans le monde de l’art ?
Pour répondre à cette question, il me faudrait vraiment essayer de m’y insérer. Cela tient surtout, je pense, à la volonté que l’on a de jouer à ce jeu. Il y a des règles, comme dans tout jeu, et les suivre devient un impératif pour arriver à y gagner. Il est cependant une idée reçue qui me semble parfaitement valide, à savoir que sans réseau, voire copinage, il est très difficile, ne serait-ce que d’accéder aux opportunités de se faire une place. N’ayant ni l’un ni l’autre, c’est donc particulièrement compliqué. Aujourd’hui il apparaît qu’il faille à la fois créer ses oeuvres, être son propre attaché de presse, vendeur, webmaster et j’en passe. Ce qui peut être très énergivore, et demande un éventail de compétences variées. Je fais donc de mon mieux, sans pour autant courir après une reconnaissance de ce dit milieu. Le monde de l’art dont il importe de prendre soin avant tout, est le sien, si ensuite, de belles rencontres peuvent se produire, et permettre de présenter ce qu’on fait dans de meilleures conditions et à une plus large audience, alors c’est tout simplement une formidable opportunité à saisir.

Un dernier mot pour finir ?
J’espère que certains auront eu la curiosité ou la patience de lire mes quelques réponses, à savoir que les mots donnent parfois un caractère maniéré à une démarche qui au final est assez simple, à savoir « faire ce que l’on ressent être soi ». Même si les divers acteurs (galeries, magazines etc) ne semblent pas tout à fait réceptifs en France, j’ai au moins la joie de pouvoir communiquer à travers l’internet avec beaucoup d’individus, et ce en provenance de très nombreux pays différents, un bon rappel pour nous tous, il est toujours possible de surmonter certains obstacles (frontières, cultures, indifférence). Je serais donc très heureux de discuter avec vous (qui lisez ceci). Enfin, comme tout en cette vie / société, les choses ne se font pas toutes seules, et si certaines personnes sont intéressées par ce que je fais, elles sont les bienvenues sur mon site, pour pousser plus loin l’intérêt porté, voire le soutien ou collaboration potentielle.

Entretien réalisé par Marie-Anaïs Caille
ndla, il est possible d’acheter des tirages en séries limitées de Moontain sur son site.

Vous pouvez retrouver ses différentes créations sur internet …
site web-> www.moontain.org     page facebook-> facebook.com/moontain

Quelques exemples du travail de Moontain à cliquer ci-dessous …

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